LOS MALESCRITOS

Hay quienes tienen textos, libros, apuntes, notas. . . manuscritos... aquí se encuentran los que denomino : " LOS MALESCRITOS " .





Son, embrionarias notas sueltas, apuntes de viajes y otros.







Desordenadas/os deliberadamente , sin pretensiones de poética alguna, están aquí " porque se salvaron de la papelera de reciclaje " .







Forman parte de la pintura también.







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G.C.







sábado, 15 de junio de 2013

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E   N   T   A   S   I   S

 

“ … Depuis plus de cent ans, Goya semble nous demander : Comment tout cela a-t-il fini ? Finalement, quand tout ce qui est humain sera sacrifié au nom de l´humanité, il restera ce chien terrorisé, perdu dans une immensité confuse sur laquelle encore aujourd´hui s´interrogent les spécialistes en art …  “

Antonio SAURA

 

 

Tout a été dit, tout a été fait.  On entend ce topoï partout, et notamment dans les revues d´art, les publications spécialisées, lors des biennales, dans les galeries d´art.

Toutest alors synonyme de déception, sous les projecteurs dépressifs des regards superficiels.

Si, au XXIe siècle les arts visuels peuvent encore être caractérisés comme une spéculation, comme l ´élément spectaculaire de la Societé des apparences, ce que cache cette déception, c´est la nostalgie d´un âge d´or, d´une utopie dédiée à un art universel finalement remplacé par un autre médiatique et global.

Imprégnés de l´idée que notre monde mute en monde < One Way > surchargé

de consignes, de diktats impératifs qui fonctionnent comme de nouvelles inquisitions, il ne serait plus possible de créer sans forger de nouveaux signes communicationnels. Sans retour en arrière possible, sans rémission, sans possibilité d´effacer le chemin parcouru , sans lieu pour déposer les nouveaux gravats. Mais que faire de la contemplation ? du temps de la contemplation ? du plaisir de la présence ?

Sans adopter une position fondamentaliste, une question se pose au peintre : que se passe-t-il avec la présence ? Or l´image est une présence, et elle agit avec cette présence.

Depuis les origines de l´expression graphique – la connait-on seulement ? -,  l´humanité a construit une longue marche d´images qui agissent. Altamira, Lascaux,

Niaux ont été crées non pas pour nous différencier des bêtes mais de la bestialité de l´Homme.

Grâces soient rendues aux maîtres qui se sont obstinés à transmettre. Ils nous convoquent, nous offrent la connaissance acquise de l ´experience, la vision de leur monde forgée dans l´urgence d´une praxis qui crée un point de rencontre atemporel avec nous. C´est cela même que nous pouvons qualiffier de communication authentique. Rembrandt, Velázquez, Goya, Monet, Matisse, Picasso, Hartung, Fontana, Soulages, Boltanski, n´ont probablement rien fait d´autre.

Pour autant, la toile vierge n`a pas changé de nature : elle est una trame originale, la surface riche d´infinis possibles, un écran pixélisable indéfiniment. Elle est de nature à nous transmettre de multiples informations sensorielles, cognitives, émotionnelles qui agissent simultanément. Qui est reconnaissable car déjà vu ? Qu´est-ce qui est surprenant car inédit ?

 

Pour nous, tout reste donc à faire. Nous pouvons penser qu´une peinture actuelle

-indifférente au spectaculaire – promeut nécessairement la nature intime de la création.

Cette intimité – et non cet égotisme – est de nature à nous faire vaciller entre l´extase et l´entasis (le renflement de la réjouissance) et à mettre en évidence la viscéralité, la

La résistance, l ´imprécision de l´acte, la spiritualité…

D´autant plus que l´artiste – s´il a une longue trajectoire- parcourt à son gré l ´ histoire de l ´art, de la peinture dont, entre parenthèses, il n`existe pas de définition gravée dans le marbre.

Il n´est pas nécessaire d´inventer pour créer.

 

Cette exposition est le fruit d´une rencontre de trois artistes qui arrivent d´ Outre-Mer –

d´ une autre mère-matrice, si on se laise jouer avec les mots.

 

Une sélection de textes de trois grands écrivains contemporains argentins met en exergue les reproductions des œuvres. Ils sont d´ Ernesto Sabato, Julio Cortázar et Leopoldo Marechal. Ils expriment une foi renouvelée dans la création et ses posibles. Il vous reste à déceler les vertus qui unissent ces créateurs.

 

 

Guillermo CUELLO / Entasis / Expo à Saint-Étienne / France

Texte aux Éditions Le Réalgar.

 

P. S. : Grand Merci à Sandra Sanseverino et Carlos Puyol.